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____Cette larme agréable et presque rassurante, la libère de son mal être et un sentiment de vide apparaît en elle. Cette boule délicieuse qui lui rempli le ventre appelé espoir, plutôt stupide en ce moment, est encore là malgré tout. Un sourire discret se dessine sur son visage légèrement assombri par ce flux de larmes, le sourire de la dépression. C'est la nostalgie de ses souvenirs. Elle ne tente pas d'être plainte, ni même d'être comprise, mais juste de se comprendre elle-même. Ses lèvres sont brûlantes, et ses yeux, encore humides, voilés mais pourtant étonnement lucides et pétillants regardaient droit devant eux, essayant en vain d'attraper un rêve. Mais il n’y a rien d'autre que du vide, des ombres. Alors on s'accroche, pourquoi, à quoi ? aucune idée. Ça commence par un regard, une évidence et puis le reste suivra parce que c'est ainsi que les choses doivent se faire. On accumule les non dits, les erreurs, on se complais dans une existence taillée à son image, sans pour autant saisir le sens de tout ça. Comme si on était sur le chemin de quelqu'un d'autre. Qu'on assistait à la vie d'une autre personne. Et un jour tu te rendras compte que tout cela n'est qu'une vaste illusion, un triste mensonge que si tu fréquentes tous ces gens c'est pour leur faire plaisir à eux, et puis pour te rassurer toi, savoir qu'ils t'aiment et que tu es importante à leurs yeux. Oui parce que tu aimes ça, être au centre de l'attention, en réalité. Ce besoin d'être entourée pour combler une solitude de l'âme qui elle, ne s'en va pas. C'est si simple d'avoir des gens autour de soi, des gens biens comme il faut, les gens que tout le monde aime. C'est un peu triste mais bon tu te dis que s'ils t'aiment toi, c'est bien que tu dois valoir quelque chose. C'est vrai de quoi peux-tu avoir peur? Pourquoi tu doutes de toi comme ça tout le temps? Cette peur tu ne l'expliques pas, tu ne la maîtrises pas. Une angoisse qui persiste depuis des années, des trucs enfouis, refoulés. Cette maturité que les gens te prêtent tu n'as l'a pas vraiment, tu es restée une vraie enfant incapable de faire face à ses peurs, toujours obligée d'être entourée pour exister, d'être aimée, rassurée. C'est épuisant de voir son bonheur se faire encore plus éphémère que celui des autres, tellement fragile qu'une simple petite contrariété peut tout foutre en l'air. Tu t'enfermes dans ton monde, tu ferment les volets pour encore plus t'isoler du monde extérieur, tout ce que tu ne comprends pas ou qui te fait peur. Mais au fond de toi, tu sais qu'il y a un jour où tu feras face à tout ça, parce que le bonheur ça existe et ça doit bien être fait pour toi, ça tu le sais, t'en es même persuadée, il te l'a dit. Seulement tu fais rien pour sortir de cette spirale, de ce cercle vicieux. Tu deviens ce que les autres veulent que tu sois, tu n'es pas toi, tu portes un masque en permanence, avec ton faux-air détaché tu souffres en silence et tu vas mal. Plus la force. Et puis un jour, les choses changent, tu veux devenir ce que tu es vraiment, au fond de toi, parce que tu as passé l'âge de toutes ces bêtises caractérielles qui t'empêchent vraiment d'être heureuse. Tu as envie d'être une de ces femmes de caractère des vieux films américains que tu regardes avec admiration. T'as envie que les autres sachent vraiment qui tu es, pour arrêter de les tromper, arrêter d'être une autre que celle que tu es vraiment. Alors petit à petit tout change, tu t'ouvres un peu plus, tu arrêtes de tout cacher, tu veux qu'ils sachent. Ce que tu aimes, ce à quoi et à qui tu penses, ce qui te défini, ce qui te tient à cœur, toutes ces petites choses qui font d'une personne ce qu'elle est. Et tu y arrives, tu y arrives si bien. Pour une fois tu fais réellement tout ce que tu aimes sans plus te mettre toutes ces limites. Tu as des gens autour de toi, des gens qui t'aiment vraiment. Y'en a pas beaucoup, en tout cas beaucoup moins qu'avant, mais maintenant tu t'en contrefiche, tu as compris. Tu as compris que ceux qui t'aiment doivent t'aimer même quand tu es insupportable, même quand tu es de mauvaise humeur, même quand tu n'a pas d'humour. Tu as compris que tout ce que les gens qui sont passés dans ta vie t'avaient dit, ces trucs que sur le moment tu n'avais pas vraiment saisis. Cette valorisation de ceux qu'on aime, cette beauté qu'on leur donne. Les vrais sentiments, les vraies amitiés, les vraies amours, tout le contraire des relations superficielles, en somme. Tu fais désormais ce que tu aimes, tout ce dont tu as toujours rêvé, et on te dit que c'est bien, et tu le sais, au fond de toi. Tu sais que quoiqu'il t'arrive tu t'en sortiras, tu ne te laisses plus démolir pour rien, tu n'es plus envieuse, plus perdue, tu es toi et c'est déjà beaucoup. Les médicaments du bonheur sont rangés dans un placard, ou mieux, ils sont jetés, tu n'as plus besoin de ça. Tu ne veux pas faire illusion, tu veux juste cette perfection faite de noir et de blanc dont il t'avait parlé. Il t'avait dit que tu avais "le truc", que tu n'avais pas à t'en faire car même si tu ne le voyais pas, il ne s'envolerait pas. Que tu étais différente. Et il avait raison, car tu as trouvé ce "truc", et tu sais l'utiliser désormais. Tu as appris à vivre, à devenir ce que tu avais toujours été au fond de toi, et ceux qui ne le voient pas, et bien ce n'est plus un problème, car tu n'as pas besoin d'eux. Le vide a désormais disparu, les larmes laissent place au bonheur. Tu es heureuse de vivre.avec lui.
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