Comme une marque de déjà-vu ...

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____Isolement, confusion, angoisse. Éternelle question du "pourquoi?" qui dépasse la simple déprime adolescente de base. Peut-être bien qu’elle est trop humaine. Parce que ce silence, leur silence lui donne les larmes aux yeux. Est-ce qu'on a tous un destin tracé d'avance? Ceux qui réussissent, et ceux qui échouent? Ceux qui devront se battre toute leur vie, et ceux qui auront la chance de tout avoir à leur portée ? Elle suppose qu'on fini de toute façon par s'y habituer. Oui, elle a pris des habitudes. L'habitude de ne pas parler du bonheur de peur que ça le fasse fuir, quand il est là. L'habitude de ne pas parler de vraies douleurs, de peur de les faire revenir. Tenter de se détacher des émotions et de prendre la vie comme elle vient. Ce n'est pas de la force ou du courage, on avance parce qu'on n'a pas le choix c'est tout. Philosophie qui consisterait à trouver la passion mais cette dernière se fait malheureusement désirer ... Ne pas s'attacher, fuir la passion, se contenter de peu, accepter. Peut être qu'elle y arrivera. Le plus dur c'est de fermer son cœur. Accepter l'oubli des gens qu'on a aimé plus que tout, des gens qui ont compté et à qui l'on a donné son cœur. Et qui nous l'ont rendu en morceaux. Pourtant il le faut, parce que l'avenir se fera sans la majorité de ces personnes, c'est comme ça. On est le seul maître de sa vie et il ne faut jamais attendre trop des autres. Elle a du mal à trouver sa place dans ce monde qui court à sa perte. Quel rôle peut-elle tenir là dedans ? Elle voudrait déchirer cette page pour une nouvelle toute blanche, réécrire l'histoire et lui donner une meilleure saveur, parce qu'honnêtement le goût de ces jours tous identiques lui donne la nausée. Si elle avait un destin, il ne serait probablement pas celui d'une fille à la vie simple et jolie. Mais elle ne veut pas croire au destin, ça serait bien trop déprimant. Elle essaye de ne plus penser, de ne pas se rappeler de tout ça, de ne pas recommencer les mêmes erreurs. Elle essaye de faire de mon mieux pour ne pas blesser les autres et ne pas leur faire du mal. Elle essaye de ne pas être trop sensible. Mais pas insensible. Elle essaye de se lier à eux, et de comprendre le fonctionnement de ce monde. Elle essaye de faire des efforts. Elle essaye d'avancer. Il y a eu cet instant, où tout allait mal. Et pour la première fois elle a réussi. Réussi à se rendre compte que ce qu’elle vivait la rendrait plus forte un jour, qu’elle arrivera à tout surmonter parce que c'est ça la vie. Elle a pris conscience qu’elle n’y pouvait rien, qu’elle était seule et elle s’est senti soulagée. Parce que la solitude est une amie qui ne nous abandonne pas. Plus de peur, plus de douleur, juste la vie et elle au milieu. Elle a accepté. Ça n'a pas duré bien sûr. Mais elle croit qu’elle a changée, vraiment changé à cet instant. Effectivement la vie l'a fait grandir. C'est difficile de réagir comme il faudrait, de façon mature et détaché. Elle s'attache trop aux gens, aux choses. Elle attend trop de la vie et ceci la déçoit constamment. Elle n'a peut-être "pas envie d'être" forte, ou plutôt de devoir l'être à nouveau.
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____Cette larme agréable et presque rassurante, la libère de son mal être et un sentiment de vide apparaît en elle. Cette boule délicieuse qui lui rempli le ventre appelé espoir, plutôt stupide en ce moment, est encore là malgré tout. Un sourire discret se dessine sur son visage légèrement assombri par ce flux de larmes, le sourire de la dépression. C'est la nostalgie de ses souvenirs. Elle ne tente pas d'être plainte, ni même d'être comprise, mais juste de se comprendre elle-même. Ses lèvres sont brûlantes, et ses yeux, encore humides, voilés mais pourtant étonnement lucides et pétillants regardaient droit devant eux, essayant en vain d'attraper un rêve. Mais il n’y a rien d'autre que du vide, des ombres. Alors on s'accroche, pourquoi, à quoi ? aucune idée. Ça commence par un regard, une évidence et puis le reste suivra parce que c'est ainsi que les choses doivent se faire. On accumule les non dits, les erreurs, on se complais dans une existence taillée à son image, sans pour autant saisir le sens de tout ça. Comme si on était sur le chemin de quelqu'un d'autre. Qu'on assistait à la vie d'une autre personne. Et un jour tu te rendras compte que tout cela n'est qu'une vaste illusion, un triste mensonge que si tu fréquentes tous ces gens c'est pour leur faire plaisir à eux, et puis pour te rassurer toi, savoir qu'ils t'aiment et que tu es importante à leurs yeux. Oui parce que tu aimes ça, être au centre de l'attention, en réalité. Ce besoin d'être entourée pour combler une solitude de l'âme qui elle, ne s'en va pas. C'est si simple d'avoir des gens autour de soi, des gens biens comme il faut, les gens que tout le monde aime. C'est un peu triste mais bon tu te dis que s'ils t'aiment toi, c'est bien que tu dois valoir quelque chose. C'est vrai de quoi peux-tu avoir peur? Pourquoi tu doutes de toi comme ça tout le temps? Cette peur tu ne l'expliques pas, tu ne la maîtrises pas. Une angoisse qui persiste depuis des années, des trucs enfouis, refoulés. Cette maturité que les gens te prêtent tu n'as l'a pas vraiment, tu es restée une vraie enfant incapable de faire face à ses peurs, toujours obligée d'être entourée pour exister, d'être aimée, rassurée. C'est épuisant de voir son bonheur se faire encore plus éphémère que celui des autres, tellement fragile qu'une simple petite contrariété peut tout foutre en l'air. Tu t'enfermes dans ton monde, tu ferment les volets pour encore plus t'isoler du monde extérieur, tout ce que tu ne comprends pas ou qui te fait peur. Mais au fond de toi, tu sais qu'il y a un jour où tu feras face à tout ça, parce que le bonheur ça existe et ça doit bien être fait pour toi, ça tu le sais, t'en es même persuadée, il te l'a dit. Seulement tu fais rien pour sortir de cette spirale, de ce cercle vicieux. Tu deviens ce que les autres veulent que tu sois, tu n'es pas toi, tu portes un masque en permanence, avec ton faux-air détaché tu souffres en silence et tu vas mal. Plus la force. Et puis un jour, les choses changent, tu veux devenir ce que tu es vraiment, au fond de toi, parce que tu as passé l'âge de toutes ces bêtises caractérielles qui t'empêchent vraiment d'être heureuse. Tu as envie d'être une de ces femmes de caractère des vieux films américains que tu regardes avec admiration. T'as envie que les autres sachent vraiment qui tu es, pour arrêter de les tromper, arrêter d'être une autre que celle que tu es vraiment. Alors petit à petit tout change, tu t'ouvres un peu plus, tu arrêtes de tout cacher, tu veux qu'ils sachent. Ce que tu aimes, ce à quoi et à qui tu penses, ce qui te défini, ce qui te tient à cœur, toutes ces petites choses qui font d'une personne ce qu'elle est. Et tu y arrives, tu y arrives si bien. Pour une fois tu fais réellement tout ce que tu aimes sans plus te mettre toutes ces limites. Tu as des gens autour de toi, des gens qui t'aiment vraiment. Y'en a pas beaucoup, en tout cas beaucoup moins qu'avant, mais maintenant tu t'en contrefiche, tu as compris. Tu as compris que ceux qui t'aiment doivent t'aimer même quand tu es insupportable, même quand tu es de mauvaise humeur, même quand tu n'a pas d'humour. Tu as compris que tout ce que les gens qui sont passés dans ta vie t'avaient dit, ces trucs que sur le moment tu n'avais pas vraiment saisis. Cette valorisation de ceux qu'on aime, cette beauté qu'on leur donne. Les vrais sentiments, les vraies amitiés, les vraies amours, tout le contraire des relations superficielles, en somme. Tu fais désormais ce que tu aimes, tout ce dont tu as toujours rêvé, et on te dit que c'est bien, et tu le sais, au fond de toi. Tu sais que quoiqu'il t'arrive tu t'en sortiras, tu ne te laisses plus démolir pour rien, tu n'es plus envieuse, plus perdue, tu es toi et c'est déjà beaucoup. Les médicaments du bonheur sont rangés dans un placard, ou mieux, ils sont jetés, tu n'as plus besoin de ça. Tu ne veux pas faire illusion, tu veux juste cette perfection faite de noir et de blanc dont il t'avait parlé. Il t'avait dit que tu avais "le truc", que tu n'avais pas à t'en faire car même si tu ne le voyais pas, il ne s'envolerait pas. Que tu étais différente. Et il avait raison, car tu as trouvé ce "truc", et tu sais l'utiliser désormais. Tu as appris à vivre, à devenir ce que tu avais toujours été au fond de toi, et ceux qui ne le voient pas, et bien ce n'est plus un problème, car tu n'as pas besoin d'eux. Le vide a désormais disparu, les larmes laissent place au bonheur. Tu es heureuse de vivre.avec lui.
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___Perdre de vue la réalité. Le goût des choses ne se résume qu'à une seule et même histoire, aimer. Que faire de plus beau, de plus réel. Mais existe-t-il un combat plus dur en soi que de livrer corps et âme à ce qui nous attire tant. Les évènements torturent autant qu'ils enchantent, font rêver autant qu'ils emprisonnent. C'est cette sensation de liberté, inégalable, mais tellement liée à la dépendance, que l'on traque sans relâche. On s'y brûle. A chaque instant on cherche ce regard, où l'on pourrait se perdre, qui nous ferait tout oublier. Si et seulement si. Simplement attiré par ce que l'on ne contrôle plus, ce qui ne se contrôle pas. Une folie qui nous perd et nous perturbe. Une folie perverse on l'on se jettera, où l'on s'oubliera. Les remords cachés, les nuits à pleurer, le manque et l'attachement excessif ne sont rien pourtant face au bonheur qui nous habite tout entier. En apparence, on ne ressent les choses qu'intérieurement. Et pourtant, oui pourtant c'est si bien écrit sur notre visage d'être amoureux. C'est si fort qu'on en est dépassé. C'est le mal qui rend le bien, le mal qui fait du bien. Autant de paradoxes qu'ils en existent et dont on ne se méfie pas. Etre conscient que tout échappe. C'est pour ces choses là qu'on croit en la vie, pour cet air niais qui nous éclate à la gueule, ce sourire qui ne se détache pas. Ces moments simples qui révèlent beaucoup de choses, ces nœuds dans le ventre, ces sensations indescriptibles et tous ces hasards prédestinés qui s'en approchent, je les déteste. C'est une horreur de se piquer d'une humeur qui ne nous ressemble pas. Quand on n'est pas fait pour quelque chose, on le sait. Et ce sont ces désillusions qui font le plus de mal, se dire qu'on pourrait être heureux avec quelqu'un, alors qu'on ne mérite rien. L'orage bouleverse beaucoup de choses. Les éléments se bousculent et se mélangent selon leur grès, on n'y peut rien. Comme je déteste le bruit des vagues qui se fracassent à l'entrée du port, l'odeur d'usine qui me rappelle que je rentre chez moi loin de ces pensées vagabondes qui se raccrochent au désespoir, je déteste voir que je me réveille seule, déteste me dire que rien ne sera. Je me déteste même d'oser penser ça. Je déteste ne pas avoir la force de croire en ce qui est possible, je déteste me sentir seule et triste. Je déteste ce sentiment d'abandon et de refus d'un bonheur qui pourrait être mien. Je déteste ne pas être capable de ne pas avoir peur de tout. Je déteste l'humilité que je m'inflige, déteste les bruits des sanglots étouffés. Je déteste montrer que tout va bien alors qu'il n'en est rien, déteste me mentir en me forçant à penser que je ne veux pas de cette vie que l'on m'offre. Je déteste détester. Et je l'aime tellement pourtant ce mot. J'aime détester, autant que j'aime dérober le mal au bien. Les choses n'évoluent pas, jamais. Elles se renferment, plus en encore plus. Je ne vois plus comment aimer, je ne sais pas aimer. Tout est détruit, et j'ai peur de reconstruire quelque chose, peur de sombrer, peur d'être incomprise, négligée. Peur de souffrir encore, d'être manipulée. Peur de repenser à lui, encore, et à ce foutu bonheur illusoire qu'il mettait en nous. Peur du passé qui rattrape tout, de la foudre qui brûle tout. Peur du temps qui passe, de ces imbéciles qui nous font mal. Peur de ne pas être heureuse comme je le voudrais, comme il le faudrait, pour que tout ne paraisse pas aussi compliqué. Je ne suis pas capable de ça. Alors ne m'en veux pas de te dire que je ne sais pas ce que je veux, je ne sais jamais ce que je veux. Je ne me satisfais de rien. Mes pensées se construisent sur du flou, ma vie entière est un flou, un mirage peut être, qui traduit simplement une envie d'évoluer, une sorte d'élément initial de l'embryon qui veut devenir quelqu'un de bien, malgré tout ce qu'on peut mal faire. Je voudrais pleurer alors que je ne sais pas pourquoi, j'ai peur de ce que je peux découvrir en vivant cela, peur de moi même, de me retrouver et de savoir enfin ce dont j'ai réellement envie. Peur d'être déçue . . . Le jour se lève mais c'est la nuit qui l'emporte. Les douloureux souvenirs d'insouciante fille resurgissent toujours au mauvais moment. On ne construit rien sur de la poussière, et pourtant c'est ce qu'il reste. Il a tout emporté, mon bonheur et mon enthousiasme. Je voyais si bien cet avenir dans ses bras qu'il a réussi à m'ôter ce plaisir de goûter à tout.


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